Les embouteillages sont un véritable casse-tête pour les autorités de Hô Chi Minh-Ville depuis longtemps. Les experts prévoient que d’ici 5 ans, la mégapole du Sud n'aurait pas d'espace pour le parking.
Tous les jours, la quasi totalité des axes routiers est perturbée par des embouteillages toujours plus importants. Développer les transports en commun demeure actuellement une solution mais constitue également un défi colossal pour la mégapole du Sud, bien que des priorités aient été accordées dans ce sens ces dernières années.
Depuis 2002, le développement des transports en commun est le "cheval de bataille" de Hô Chi Minh-Ville. La ville favorise en effet l'ouverture de nouvelles lignes de bus, des lignes prioritaires, accorde des subventions pour les titres de transport pour les passagers...
Selon les données du Service municipal des transports et des travaux publics, la ville compte actuellement 151 lignes de bus dont 115 subventionnées desservies par 3.225 bus. Le nombre des lignes s'accroît rapidement mais elles ne sont exploitées qu'à seulement 30% de leur capacité. Les passagers sont essentiellement des élèves, étudiants et personnes à bas revenus (50%). Les cadres et fonctionnaires ne représentent que 20% du total des usagers. Ce problème de remplissage s'explique par la mauvaise qualité des prestations de service. Pham Xuân Mai, de l'École polytechnique de Hô Chi Minh-Ville, indique que 60% des lignes de bus desservent les mêmes endroits, ce qui entraîne à la fois un gaspillage et bien sûr des embouteillages. Les transports en commun ne recueillent d'ailleurs pas la confiance des usagers. Les résultats de l'enquête menée par des experts montrent que le taux de satisfaction des passagers envers les services de bus a été ramené de 78,9% en 2006 à 49,5% en 2008.
Vers une planification raisonnable
Le développement des transports en commun piétine. Les bus ne satisfont que 5,4% des besoins de déplacement de la population. La mégapole du Sud s'est fixé l'objectif de porter en 2010 ce pourcentage à 10-12%.
En 2009, les autorités municipales se concentrent dans l'accélération du développement des transports en commun et le considèrent comme une mesure majeure dans la lutte contre les embouteillages. Au début de ce mois-ci, la municipalité a demandé au gouvernement l'autorisation de mettre en oeuvre des mesures destinées à réduire les moyens de transport individuels. Ce qui constitue une condition sine qua non pour développer le réseau des transports en commun.
Selon Nguyên Thi Bich Hang, enseignante de l'Université des communications et des transports, succursale de Hô Chi Minh-Ville, le contrôle et la diminution des moyens de transport individuels sont une bonne option mais elle devra recevoir le consensus de la population. Dans l'immédiat, il est nécessaire pour la ville d'"associer l'utilité des transports en commun et individuels", suggère Mme Hang. La réduction des moyens de transport individuels sera appliquée graduellement dans certains quartiers du centre ville où les transports en commun se développent. Pour le reste, la circulation en moto demeure indispensable.
Le développement du réseau de bus doit, selon Mme Hang, aller de pair avec l'amélioration de la qualité des services, des infrastructures des stations, de la distance entre les arrêts, des lieux desservis, du tarif des billets et du comportement des employés de bus.
"Actuellement, Hô Chi Minh-Ville n'a pas de plan détaillé pour les transports en commun", selon Lê Trung Tin, chef du bureau des transports industriels relevant du Service municipal des transports et des travaux publics. Le Docteur Pham Xuân Mai, qui s'est vu confier par la municipalité la mission de dresser l'état des lieux et de proposer les orientations du développement du réseau d'autobus à Hô Chi Minh-Ville, souligne la nécessité d'établir un itinéraire de réduction des moyens de transport individuels. Dans la 2e phase du projet, M. Mai a avancé l'idée de développer le réseau suivant les lignes et axes routiers : les minibus seraient utilisés pour ramasser les passagers sur un trajet de 300 m. Toute la ville serait divisée en 7 zones et les lignes de bus relierait entre elles ces zones.
"Les campagnes de propagande sur l'utilité et la pratique des transports en commun devront être renforcées afin de valoriser le réseau de bus", conclut Pham Xuân Mai.