La création du pôle d’échange de bus de Long Bien constitue l’une des réalisations les plus visibles du projet Ecotrans. Ce pôle d’échange est le second créé à Hanoi après celui de Cau Giay, lui-même financé dans le cadre du projet européen Asiatrans entre 2002 et 2005.
Principales caractéristiques d’un pôle d’échange :
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Le plan d'aménagement du pôle |
Les pôles d’échanges sont des lieux où un ensemble d’installations permet aux usagers des transports d’accéder à plusieurs modes de déplacements (vélo, transports collectifs, voiture et train) et de passer de l’un à l’autre dans les meilleures conditions. Ce sont donc des lieux de rupture de charge pour les usagers. Toutefois, plusieurs conditions doivent être réunies pour favoriser la réussite de ce type d’équipement : l’organisation de la mobilité et les lieux d’échanges sont étroitement liés, ces derniers doivent donc faire l’objet d’une attention particulière dans leur conception urbanistique et fonctionnelle pour répondre aux attentes et aux exigences des usagers dans la gestion de leur temps et de leur mobilité. Quel que soit le type d’interface, la réussite est conditionnée par le soin apporté au traitement de l’aménagement du pôle et à la mise en œuvre de l’intermodalité. Quelques principes de base sont à observer :
1. Une localisation géographique pertinente (en amont des zones de forte congestion en heure de pointe pour les interfaces périphériques urbaines) et un raccordement au réseau routier de qualité;
2. Des liaisons de rabattement qui permettent l’accès au pôle pour tous les modes de transports et évitent les points de conflits entre ces modes;
3. Des aménagements internes qui constituent des points de repère pour les usagers, ainsi qu’une distribution ordonnée des services transports, voyageurs et annexes ; les éléments concernant la sécurité ne sont pas à négliger.
Au-delà d’un équipement fonctionnel favorisant l’amélioration des conditions de circulation, le pôle d’échange est une opération urbanistique impliquant une réflexion sur les usages du lieu, mais également sur son insertion dans le paysage urbain.
Dans le contexte de Hanoi, une adaptation du modèle décrit précédemment s’imposait. Celle-ci nécessitait de conserver deux idées essentielles : l’intermodalité et l’amélioration du service aux usagers. En complément, à Hanoi, un pôle d’échange se conçoit en prenant en compte les éléments suivants :
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La localisation géographique (aux abords d’une intersection importante ou sur un axe de communication majeur) ;
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L’existence de réseau de transport à proximité (ligne de chemin de fer) et la prise en considération des futurs tracés d’infrastructures de transport de type UMRT ;
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L’amélioration de la rotation des bus (les arrêts rapides hors des voies de circulation principales permettent d’accroitre la fluidité du trafic et de réduire la congestion sur la chaussée) ;
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L’amélioration de l’image de marque des transports en commun (des infrastructures modernes valorisent le réseau) ;
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L’amélioration du confort des usagers durant les phases d’attentes (équipement d’abris bus séparés de la chaussée principale) ;
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L’amélioration et la sécurisation de l’accessibilité aux transports en commun (accessibilité des plateformes) mais également amélioration de l’accessibilité aux lieux d’activités (connexion à une université, au cœur de la ville historique) ;
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Le traitement de la signalétique et de la communication à destination des usagers ;
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La création d’un espace public.
On comprend ici que dans le contexte hanoien, les pôles d’échange ne sont pas encore des sites où l’équipement de parcs relais (notamment) pour les voitures se pose comme une priorité. Une telle combinaison fonctionnelle requiert la libération d’emprises foncières, ce qui reste souvent problématique dans la capitale. En revanche, l’attention des planificateurs se porte sur la création de parcs relais pour motos et bicyclettes. Ensuite, lorsqu’on évoque l’intermodalité sur les deux pôles d’échanges de Hanoi (Long Biên et Câu Giây) celle-ci se caractérise par des modalités de rabattement par taxi et xe om (moto taxi)[1]
. Ces modes de transports privés ne sont pas considérés dans les référentiels occidentaux comme des transports collectifs, mais dans le contexte de Hanoi (où les transports collectifs ne sont pas quantitativement suffisants), ces derniers sont complémentaires.
Le pôle d’échange de Long Bien :
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Les principaux invités présents à la cérémonie d'ouverture du pôle d'échange |
Le 10 mars 2009, Le vice-président du Comité populaire de Hanoi, M. Nguyên Van Khôi, , le vice-Président du Conseil Régional d'Ile de France - Chargé des Transports, M. Serge Méry), le premier conseiller de la Délégation de la Commission Européenne au Vietnam, M. Willy Vandenberghe et l’Ambassadeur de France au Vietnam, M. Hervé Bolot ont procédé à l’inauguration du pôle d’échange.
La conception de cette infrastructure s’articulait autour de trois points : (i) la réalisation d’un pôle d’échange de bus, (ii) la réduction des conflits de circulation et (iii) la conception d’une architecture et d’espaces publics de qualité.
La réalisation d’un pôle d’échange de bus efficace à même de répondre à l’importance des flux d’autobus. Ce site est considéré comme le plus important pour les services de transports publics de Hanoi (19 lignes de bus, principalement celles en provenance de Gia Lam et une gare ferroviaire interrégionale, Ga Long Bien). Installé au centre de la route digue (Yên Phu / Duong Trân Nhât Duât) pour faciliter les correspondances, le pôle d’échange peut accueillir près de 300 bus/h en période de pointe et plus de 2 500 passagers par jour. La construction de deux plateformes d’attente pour les usagers, quatre zones d‘arrêts et la création de lignes de bus dédiées facilite la redistribution des flux de passagers dans les quartiers centraux et historiques de la capitale et vers les zones suburbaines.
En complément, ce site propose d’autres équipements : guichets pour l’achat des tickets et abonnements, toilettes, taxi et parking relais (motos) à proximité. L’intermodalité s’illustre ici par la connexion rapide à la gare de Long Bien qui assure déjà des liaisons ferroviaires interrégionales.
La réduction des conflits de circulation : auparavant les conflits entre les différents usagers de la chaussée étaient prédominants dans ce secteur (piétons/vélo/motos/autos/bus/camions). En conférant au pôle d’échange le rôle de « sens giratoire », le nombre de conflits a largement diminué. À l’attention des piétons, ce projet était l’occasion de proposer un premier dispositif de franchissement sécurisé de la route digue Yên Phu, traversées protégées par des feux de circulation. La diminution des conflits et l’amélioration de la fluidité du trafic dans ce secteur ont permis en parallèle la réduction d’attente des véhicules aux feux et par là une contribution à la diminution de l’émission de gaz d’échappement.
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Le pôle constitue un élément de paysage urbain de Hanoi |
Une architecture et des espaces publics de qualité : les abribus, comme le mobilier urbain (bancs publics, horloge…), bénéficient d’un design innovant en relation avec les éléments du paysage urbain hanoien dans lequel s’insère ce projet – le pont Long Biên, la proximité du fleuve Rouge. Pour ce qui est de l’espace public, l’aménagement de ce site sera complété par une valorisation des zones situées en contre bas de la rampe d’accès au pont Long Bien. Coupé de la circulation par une haie végétale, situé sur un terre-plein surélevé pour éviter l’accès des motocyclettes et parsemé d’arbres d’essence locale, cet espace sera destiné à accueillir un café.
Les trois points précédents ont guidé l’élaboration du projet final, toutefois cette opération a fait l’objet de modifications. Les dispositifs d’accessibilité ont notamment dû être corrigés puisque les rampes d’accès aux plateformes favorisaient l’entrée des motos sur le site. Il a donc fallu apporter quelques modifications techniques afin d’enrayer la présence gênante des motos sur le site, en particulier les Xe ôm.
Ainsi, au-delà du succès fonctionnel de cet aménagement et de l’amélioration du réseau de transport public, la réalisation du pôle d’échange s’est accompagnée d’une opération de valorisation de l’espace public de la capitale vietnamienne. Derrière cela se dessine une véritable réappropriation des lieux par les Hanoiens attirés par leur patrimoine vernaculaire et le renforcement des liens entre les habitants et l’un des symboles historiques de la ville, le pont Long Bien.
[1] Et par la présence à proximité d’une gare interrégionale dans le cas de Long Bien.